Une traversée du Jura suisse

Posté par boun_babBastien Piguet
Jura suisse

Jeudi 9 août, nous arrivons en fin d’après-midi à Saint-Cergue, à environ une heure de train de Lausanne. Ce Jura que nous avons sous les yeux tous les jours et dans lequel nous nous rendons si souvent, nous allons l’arpenter pendant les dix prochains jours. Le soleil est encore haut et nous permet de parcourir quelques kilomètres avant de planter la tente. Le « balcon du Jura » porte décidément bien son nom. La vue sur les Alpes et le Léman est magnifique. L’aventure a débuté depuis trois heures et nous sommes déjà sous le charme.

Nous parcourons les quatre premiers jours à pied. Au fil des kilomètres qui défilent sous nos semelles, le rythme de nos journées s’installe petit à petit. Manger, démonter la tente, marcher, manger, faire une sieste, marcher, monter la tente, manger, dormir. Ne se soucier de rien d’autre et se satisfaire de l’essentiel, des choses simples. C'est ça les vacances.

Alors que les plus hautes crêtes jurassiennes nous gratifient de splendides panoramas, les vallées boisées nous offrent leur ombre et leurs rivières, mais aussi des rencontres avec leurs habitants. Emblématiques de ces régions de moyenne montagne, ils sont à leur image, généreux, taquins, bons vivants, échappant quelque peu à la frénésie des plaines.

Au soir de la quatrième journée, après avoir laissé derrière nous la Vallée de Joux et les hauts sommets du Jura vaudois, nous enfourchons nos vélos pour le reste de notre périple. Montée, descente, petite vitesse, grand plateau, ceux qui prétendent que le Jura est plat ne le connaissent pas ! Deux jours plus tard, c’est le sourire aux lèvres que nous installons notre tente dans les contreforts du Chasseral, d’où nous dominons les Franches-Montagnes, notre prochaine étape.

Faire cette traversée à la force de ses jambes et à côté de chez soi, c’est également l’occasion de penser un peu à l’environnement dans lequel nous vivons. Outre les paysages tous plus beaux les uns que les autres que nous traversons (forêts, alpages, crêtes, marais, lacs, rivières), nous remarquons aussi les avions qui rayent le ciel au dessus de nos têtes. Quel plaisir de réaliser que tout ça est accessible si facilement, en se passant de ces grosses machines. Non seulement nous profitons de l’incroyable diversité de notre pays et des nombreuses activités qu’il propose, mais en plus nous renonçons à un transport longue distance extrêmement énergivore. Une réflexion qui mérite d’être menée, dans le contexte climatique actuel.

Cette pensée s’est avérée illustrée par l’état d’extrême sécheresse du Doubs. Initialement prévue en canoë, l’étape le long de cette rivière sauvage se fera finalement au guidon de nos vélos, toute navigation étant interdite et de toute façon illusoire vu le faible niveau d’eau. Un pêcheur local nous confiera ne jamais avoir vu ça en plus de cinquante ans de pratique. Il fait de moins en moins bon être un poisson ou un loueur de kayak dirait-on, mais lequel est le plus à plaindre ?

Nous ne tardons pas à franchir la frontière linguistique du canton de Bâle-Campagne en descendant la vallée de la Birse. Ici, de l’autre côté des crêtes du Jura, le relief est accidenté. Des ruines de châteaux d’un autre temps coiffent le sommet de hautes falaises. Les zones d'habitation se font de plus en plus denses. Les villages laissent leur place à l’agglomération bâloise, puis à la ville. Le voyage s’achève là, sur une dernière partie de cartes dans le train du retour.

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