30° Degrés Magazine - Land Art

Land Art
Andres Amador, sculpteur de plages

Texte: 30° Degrés Magazine: Laurent Grabet | Photo: Andres Amador | Parution: 06.09.2019

Andres Amador, « artiste-paysagiste de la terre », dessine dans le sable des plages californiennes des œuvres aussi grandioses et poétiques qu’éphémères. Une forme de land art qui fait écho aux besoins de retour à la nature que réveille en chacun de nous le rythme effréné des sociétés occidentales.

Nombreux sont les artistes qui peinent à se séparer d’œuvres sur lesquelles ils ont, il est vrai, parfois passé de longs mois et laissé une partie d’eux-mêmes. Ceux officiant dans le domaine du land art, cette forme d’art contemporain utilisant le cadre et les matériaux de la nature, font exception : généralement, leur travail est sapé ou détruit par cette nature même qui en constituait la matière et l’écrin. Le talentueux Andres Amador le sait mieux que personne ! Depuis quinze ans, cet Américain, né à San Francisco il y a une quarantaine d’années de parents activistes, sculpte imperturbablement des œuvres éphémères sur les plages sauvages de sa Californie natale.

Un râteau en guise de pinceau
Armé de son seul râteau, Andres Amador se lance quasi quotidiennement dans un contre-la-montre avec la marée. En se retirant, l’océan lui laisse une toile sableuse parfaitement lisse, sur laquelle il peut à loisir étendre ses motifs tantôt géométriques, tantôt organiques. Une poignée d’heures plus tard, la nature reprend ses droits et le dessin est léché par les vagues — puis peu à peu englouti sous les eaux. L’ex-technicien en informatique, qui a trouvé son étrange vocation artistique en 1999 lors du mythique festival de Burning Man, s’y résout.
Ce caractère éphémère participe de la beauté et de la poésie du land art de plage. Un exercice très particulier, à vrai dire, confinant à l’état méditatif que les moines bouddhistes, adeptes des mandalas compliqués, ciselés patiemment à base de sables colorés, connaissent bien. Ici, cependant, l’artiste est confronté dans le même temps à une exigence d’efficacité, car le temps lui est compté. Une dualité qui, tout bien considéré, symbolise à merveille l’attitude que chaque être humain se devrait de cultiver pour vivre pleinement sa vie. « De la concentration naît une paix intérieure », constate simplement pour sa part Andres Amador(...)


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