30° Degrés Magazine - Kilian Jornet

Kilian Jornet
« Je voulais juste compter les lacs de montagne »

Texte: 30° Degrés Magazine: Laurent Grabet  | Photo: DR | Parution: 12.09.2019

De passage en Suisse, l’ultratraileur espagnol a exploré pour 30° degrés les motivations profondes de son insatiable boulimie d’exploits montagnards. Quelques jours plus tard, il pulvérisait le record de la course Sierre-Zinal.

Voilà 16 ans que le record tenait. Le 11 août, Kilian Jornet l'a enfoncé de près de 4 minutes décrochant, avec cette 7e victoire sur Sierre-Zinal, l'admiration de tous. UTMB, Hardrock 100, Pierra Menta... À 31 ans, Kilian Jornet a déjà tout gagné, ou presque — et souvent plusieurs fois. Trail, ski-alpinisme, rien ne l’arrête. Depuis 2012, le Catalan s'est aussi attaqué aux « Summits of my life ». Un défi fou, surhumain : établir les records d’ascension des plus grands sommets de chaque continent. En mai 2017, le monde était ainsi soufflé de voir Kilian réussir l’Everest par deux fois, en un temps record, en l’espace d’une semaine !
Certes, sa physiologie est exceptionnelle : l’athlète affiche un VO2 (volume maximal d’oxygène) double de celui de Monsieur Tout-le-Monde. À quel prix ? Il s’entraîne 3 à 5 heures chaque matin et remet ça 1 à 2 heures l’après-midi ! Mais qu’est ce qui le fait vraiment courir ? C’est avec cette question toute simple que nous sommes allés à sa rencontre.

Une enfance prédestinée
Si Kilian Jornet fonce quand il le faut, il ne manque nullement de recul. « J’ai eu la chance de naître dans un pays où les besoins primaires sont assurés et où on a le luxe de pouvoir choisir sa vie, constate-t-il. Cela dit, mes parents étaient gardiens de refuge. Mon père était guide et ma mère, institutrice passionnée d’endurance. À 3 ans, j’ai fait avec eux mon premier 3’000 et à six ans mon premier 4’000 (le Breithorn). Toutes nos vacances étaient consacrées à ce genre d’aventures ». Autant dire que le cadre de l’enfance a été déterminant.
Dès sa jeunesse, Kilian parcourt « aussi et surtout » les montagnes pour se frotter à la nature. « Plus que l’effort, c’est le contact quotidien avec elles qui me nourrit. L’activité physique n’a d’abord été qu’un outil pour être dehors, même si cela faisait écho à l’énergie que j’avais en moi. » Lorsqu’on lui demandait, gamin, ce qu’il voudrait faire plus tard, le petit Kilian répondait immanquablement : « je veux compter les lacs de montagne ! »
L’esprit de compétition est arrivé à l’adolescence. Pour se distinguer, d’abord. Puis pour progresser. « La compétition est désormais un prétexte pour m’entraîner fort. La lutte pour la victoire me permet de me dépasser. Le but n’est pas tant de battre les autres concurrents que de construire sur leur énergie pour me propulser au-delà de mes limites — et me découvrir », analyse le trentenaire.(...)


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