30° Degrés Magazine - Hüttenpalast

Hüttenpalast
Une caravane en ville

Texte: 30° Degrés Magazine: Claude Hervé-Bazin | Photo: Jan Brockhaus | Parution: 09.04.2020

C’est tout l’esprit de Berlin qui réside dans ce lieu. Derrière la porte, une cour-jardin. Derrière la cour-jardin, une ancienne usine d’aspirateurs réinventée en hôtel. Dans l’hôtel, des caravanes d’autrefois. Comme autant de bulles d’histoires.

Hermannplatz, ligne 8 du U-Bahn. Les carreaux jaunes et gris tapissant les murs de la station ramènent quelques décennies en arrière, lorsque Neukölln était l’un des épicentres de la classe populaire berlinoise. Quartier historiquement rouge, puis alternatif, mais situé en secteur américain, le coin n’attirait guère les foules alors. Après la chute du mur — qui passait à quelques pas de là —, ce fut pire. Mais aujourd’hui la longue place a repris des couleurs avec le retour en force des étudiants et des bobos.

Un projet carrément loufoque
Cent mètres sur la Weserstraße, un poil plus sur la Hobrechtstraße (à gauche) et une façade lambda se dessine, aussi anonyme que les autres. C’est donc là que l’on dort ce soir ? Porche franchi, s’ouvre une cour greffée de son ascenseur extérieur d’un autre âge. On l’imagine grinçant. Mais l’oasis du Hüttenpalast a déjà fait son charme. Treille, hortensias, fougères, palmes, tournesols et autres pâquerettes roses, voilà un petit bout de nature en ville — et en pot —, où chantent les oiseaux dès les premiers rayons revenus.

Les propriétaires, Sarah et Silke, ex-fashion designer et event manager, ont combiné leurs talents pour imaginer ce lieu à la fois absolument atypique et parfaitement dans l’âme berlinoise. Un endroit décalé. Joueur. Décontracté. Lorsqu’elles sont tombées sur ce vieil immeuble industriel délabré, au plus fort des conséquences de la crise de 2008, « nous n’avions qu’une perspective bêtement banale », rappellent les deux femmes : ouvrir un café et un hôtel. Puis une idée fulgurante s’imposa à Sarah : construire des cabanes dans le hall. Silke, inquiète, temporisa : « des cabanes sur roulettes, pour que l’on puisse les déplacer et louer la salle… » Le compromis fut vite trouvé : ce seraient (surtout) des caravanes.

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