30° Degrés Magazine - Dimitri Vogt

Dimitri Vogt
Le grimpeur qui s’élève dans la droiture

Texte: 30° Degrés Magazine: Laurent Grabet | Photo: Marco Müller | Parution: 16.04.2020

Les Jeux Olympiques de Tokyo approchent à grands pas. Voici quelque temps, à la surprise générale, le grimpeur Dimitri Vogt y renonçait en raison de ses convictions écologiques. Le prodige biennois de 22 ans nous a reçus chez lui à Worben (BE) pour nous expliquer ce choix et évoquer sa vision de l’escalade.

La vaste chambre d’ado dans laquelle Dimitri Vogt aiguise sa technique et ses muscles a tout d’une salle de grimpe. Quelque 600 prises y ont été savamment dispersées au fil des ans et des rentrées financières sur 30 m2 de murs et 5 m de haut. Dans un coin, entre un tas de chaussons usés, un autre de baudriers imprégnés de magnésie, des haltères et des dégaines, une bibliothèque semble s’être perdue. L’essentiel de son contenu se compose de topos d’escalade. Le reste est consacré à la géologie et à l’écologie.
À 22 ans, Dimitri Vogt, membre du cadre national de Swiss Climbing et champion suisse de vitesse 2018, mange, dort, rêve et respire escalade. Il s’entraîne 20 à 25 h hebdomadaires, six jours sur sept, et confesse adorer ça. Sa décision, l’an passé, de tirer un trait sur les JO de Tokyo, où sa discipline fétiche sera représentée pour la première fois, n’en a que davantage surpris — d’autant que le jeune Biennois faisait partie du très fermé « pool olympique » de cinq athlètes suisses susceptibles de pouvoir se qualifier. « Je suis 100 % serein avec cette décision », affirme pourtant Dimitri, avant d’expliquer ce choix, posément assis en tailleur sur l’un des nombreux crashpads jonchant le sol de sa chambre. Au même moment, ses coéquipiers de Swiss Climbing disputent sans lui des compétitions aux quatre coins du monde.

Son choix lui ferme des portes et lui en ouvre d’autres
Son talent, sa passion et son travail l’avaient conduit jusqu’en Nouvelle-Calédonie, en Chine et aux USA. Mais cette page internationale est désormais en grande partie refermée. Le jeune Bernois ne se rend plus qu’aux compétitions accessibles en voiture ou en transports publics. Cette décision, difficile à prendre, a été longuement mûrie. « L’année passée, je me suis mis pour la première fois à lire beaucoup sur l’écologie et le changement climatique. A l’Uni de Berne, où j’étudie la géologie, un cours sur le développement durable m’a aussi ouvert les yeux. J’ai pris conscience que notre mode de vie occidental n'est pas pour rien dans tout ça. Que si nous étions si aisés matériellement, c’était en partie au détriment d’autres êtres humains. Par honnêteté vis-à-vis de moi-même, j’ai compris que je devais changer quelque chose dans ma propre vie  », explique Dimitri.

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