Julbo Trail Session

Posté par JulboTexte: 30° Magazine / Images: Julbo/Jeremy Bernard

«Hawai’i est venu à bout de mes baskets en trois jours! »

Ancien obèse, l’ultra-traileur amateur Bill Clements a traversé l’enfer (très relatif) de la Grande Ile d’Hawai’i en trois jours, escorté par deux athlètes professionnels, lors d’une Julbo Session d’anthologie. Il raconte.

Une semelle sans relief, des coutures usées jusqu’à la corde… les baskets à 250 francs de Bill Clements sont bonnes pour la poubelle! L’Américain les garde comme un trophée dans un placard de son appartement de Los Angeles. Il n’a fallu que trois jours de course à l’ultra-traileur amateur pour les mettre dans cet état. C’était en décembre, lors de la Hawai’iJulbo Session, au cours de laquelle il a eu la chance de courir, «comme entre potes», aux côtés de l’Américain Jason Schlarb et du Français Julien Chorier, deux pointures de la discipline, sponsorisés par la célèbre marque de lunettes.
Le but du trio? Traverser la Big Island – la plus grande île de l’archipel – du sud au nord, en trois jours. Un parcours de près de 260 km pour plus de 8000 m de dénivelé positif, avec deux volcans culminant à plus de 4000 m au menu! Une jolie promenade de santé, dont ils sont venus à bout en 36 h d’efforts jalonnées d’aventures.
«C’était loin d’être des vacances, mais j’en suis sorti encore plus amoureux de la course», assène Bill, ingénieur commercial de 36 ans au civil – qui, il y a seulement sept ans, pesait 114 kg et ne faisait jamais de sport. Aujourd’hui, pour lui, «courir est devenu un style de vie». Un sourire scotché au visage, le regard pétillant, l’homme ne se fait pas prier pour revenir sur cette belle épopée. «Le premier jour a été de loin le plus dur. Nous sommes partis du bord de mer pour finir 14 h plus tard au sommet du Mauna Loa (4169 m). Il était 1 h du matin! Les pierres volcaniques dissimulées sous les hautes herbes nous ont considérablement ralentis. L’altitude est venue corser tout ça et, en plus, nous sommes restés 1 h 30 sans réussir à trouver d’eau. Le soir, j’étais lessivé et je me demandais si j’allais pouvoir aller au bout du défi.»
Miraculeusement, le lendemain, après une courte nuit sous tente à 3200 m, Bill se sent bien. Qu’importent les 0°C de l’aube, qu’importent les 35°C enregistrés la veille au plus fort de la journée! Le trio repart. Les paysages défilent. Dopés par leur beauté, les endorphines et quelques barres énergétiques, les coureurs sont seuls au monde. Tout juste croisent-ils parfois une bourgade perdue où vivent encore quelques hippies. L’occasion de s’accorder un plat de riz et de poisson.
«Echanger avec ces personnes en marge du monde a été très enrichissant, se souvient Julien Chorier. Ils semblaient nous comprendre assez bien, nous qui étions aussi assez en décalage!» Cette seconde étape se termine par un coucher de soleil au sommet du Mauna Kea (4205 m).
«Là, on pensait que le plus dur était fait car, sur le papier, la dernière étape ne devait être qu’une longue redescente vers le Pacifique», se souvient Bill. Dans la réalité, les choses ne furent ni aussi simples ni aussi plates. «Avec une détermination inflexible», les coureurs avalent une vingtaine de kilomètres de montagnes russes, avant d’attaquer la véritable descente. Bill atteint son second souffle et prend la tête du petit peloton. «J’avançais comme un train. C’était l’état de grâce. La forêt vierge a fait place à une campagne presque suisse. Puis est apparu l’océan et l’arrivée où, comme dans un film, nous avons été accueillis par un arc en ciel! C’était magnifique mais, à ce moment-là, j’aurais voulu continuer à courir encore et encore…»


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