30° Degrés Magazine - Terre François-Joseph

Terre François-Joseph
navigation sur le toit du monde

Texte: 30° Degrés Magazine: Stéphanie Allemand | Photo: David Allemand

Couverte à 85 % de glaces, la Terre François-Joseph émerge de la banquise à l’extrême nord de l’Arctique. Plus septentrional encore que le Spitzberg, cet archipel russe largement méconnu, composé de 191 îles, est le royaume de l’ours polaire, du morse et des baleines. Un lieu magique, mystérieux, hors du temps...

Le cercle polaire est à 800 milles au sud, le pôle Nord à seulement 560 milles et la mer de Barents, surnommée par les marins nordiques « la salle de danse du diable », y impose ses majestueuses colères.
S’étendant jusqu’à plus de 81° 50’ de latitude nord, la Terre François-Joseph fait figure d’inconnue. Complètement interdit d’accès à l’époque soviétique pour des raisons stratégiques évidentes, cet archipel, étendu sur plus de 16 000 km2, s’est ouvert à un tourisme très – très – contrôlé après la chute de l’URSS, en 1990. Depuis la création d’une réserve en 1994, puis du Parc National de l’Arctique russe il y a quelques années, les autorités ont limité l’entrée des bateaux sur le territoire à dix par été. La croisière s’y déroule sous l’escorte de gardes russes, Saiga-12 (un fusil semi-automatique) en bandoulière…

Aux limites de l’inconnu
Au premier matin, peinant à émerger du néant, le paysage se pare d’une épaisse couverture de brume entretenant le mystère. Le vent glacial et le froid mordant s’immiscent sous les épaisses carapaces de vêtements, soulignant la profonde austérité de ce territoire du Haut Arctique.
Les conditions, extrêmes, n’ont pas empêché les explorateurs de gagner la région dans leur quête effrénée du pôle et des passages du Nord-Est et du Nord-Ouest. Ce sont des Autrichiens, Payer et Weyprecht, qui y ont abordé les premiers en 1873, nommant l’archipel en l’honneur de leur empereur.
C’est sur l’île Bell, l’une des plus chargées d’histoire, qu’a lieu le premier débarquement, en Zodiac. Avançant sur un plateau de basalte et de roches sédimentaires à travers l’épais « nuage blanc », il s’agit de rejoindre la cabane érigée en ces lieux, en 1881, par l’équipage de Benjamin Leigh Smith. L’Anglais et ses hommes y survécurent dix mois après avoir vu leur bateau impitoyablement broyé par la banquise...(...)

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