30° Degrés Magazine - Séquence exotique Maurice

Séquence exotique Maurice

Texte: 30° Degrés Magazine: Claude Hervé-Bazin | Photo: Keystone

Sous le soleil, exactement, l’île Maurice navigue entre cartes postales et parenthèses inattendues. Sur cette « terre magnifique, éblouissante » qui enchanta Beaudelaire, le temps a peint des arpents de terre en technicolor et fait gonfler la sève d’arbres désormais centenaires. On y surfe, aussi, naturellement.

Le drape d’un sari rose flotte au vent tiède de l’aube. À l’approche du marché, les rues encore vides de Port-Louis s’animent. Sous les travées de béton, les marchands astiquent leurs pommes d’amour (tomates) en piles artistiques. Les gros vers des rhizomes de curcuma s’entassent dans des panières, à côté de bottes de ciboulette bien liées, des chouchous ridés, des angives balles de golf et des giraumons de 25 kilos – pour nourrir un bataillon. Les piments sont partout. Verts ici, rouges là, à 15-20 roupies la mesure.

Port-Louis, c’est aussi l’odeur du curry. La queue devant les stands de dholl puri (12 Rs la crêpe fourrée de lentilles ou de rougail de tomates). Les « tisanes composées contre la maladie ». Le temple tamoul à deux pas, au fronton bardé de divinités colorées. Et dans la foulée les pétarades embouteillées de Chinatown, la mosquée Jummah plantée au milieu, les palmiers royaux de la place d’Armes ramenant à la colonisation française, la cathédrale anglicane St James, les maisons créoles de la rue St Georges…

Port-Louis, c’est un peu Bombay, le reste du monde et les plages en plus.

L’or blanc des côtes mauriciennes
La révolution touristique a changé Maurice. Son littoral aux villages épars et aux chiens jaunes endormis a vu pousser les complexes hôteliers à côté des autels dressés aux divinités hindoues. Les golfs ont conquis les champs de canne à sucre. Et l’auberge espagnole mauricienne s’est encore enrichie d’une nouvelle flopée d’habitants.

L’hiver, l’île fait le plein. On vient s’y ressourcer à la fontaine de jouvence des béatitudes tropicales. Où, mieux qu’à l’île aux Cerfs ? Flottant sur l’onde impassible du lagon oriental, ce fétu de sable planté de filaos joue les divas au soleil. Partis du port de Trou d’Eau Douce, les bateaux-taxis y filent en glissant sur le tapis corallien, aux fonds si limpides que les patates de corail semblent à tout moment pouvoir déchirer l’étrave. En toile de fond: la panoplie des montagnes Bambous, aux crêtes délimitant des cuvettes d’un vert profond.

L’approche est somptueuse. Dans l’étroit goulet séparant l’îlot Mangénie de l’île aux Cerfs, les courants ont déposé un immense banc de sable blanc, recouvert d’une fine pellicule d’océan. A quelques mètres d’intervalle, les reflets sont tantôt turquoise, tantôt émeraude. En s’éloignant du débarcadère et de son restaurant, quelques arpents de plage neigeux, semés de gros blocs volcaniques noirs, invitent encore à jouer aux Robinsons.

Relaxed attitude
Maurice est presque entièrement ceinturée par une barrière de corail qui la protège de courants puissants. Le lagon ainsi formé n’est pas seulement beau : il est aussi parfait pour pratiquer le kitesurf et le stand-up paddle. Les amateurs filent à Belle Mare la bien-nommée, au cap (jadis) Malheureux et, surtout, vers la pointe sud-ouest de l’île, dominée par la masse du Morne, un piton volcanique dardé en mer, sur lit de sable fin.

De mai à décembre, la montagne y catalyse les vents soufflant du large, ajoutant 5 à 10 nœuds de puissance par rapport aux autres spots insulaires. Il y a d’un côté le Kite Lagoon pour les débutants. Et, de l’autre, une magnifique zone de flat, virant clapoteux, parfaite pour le freeride. Mieux encore? Pour le frisson, s’ajoutent trois vagues de reef, dont One Eye et son tube, spot de gros de réputation mondiale. Seul ennui: il faudra la partager avec les surfeurs et les funboarders. Et se garder du possible wipe out sur le récif.

www.tourism-mauritius.mu/fr
www.mauritius-kitesurf.com

Port-Louis à 12 h de Genève
Ça y est, c’est officiel. Après une longue parenthèse, Air Mauritius fait son retour à l’aéroport de Genève. À compter du mois de novembre, la compagnie assurera une liaison hebdomadaire directe (le samedi du 18 novembre au 16 décembre, puis le vendredi jusqu’au 23 février). Partant de Suisse à 21 h, l’avion atterrira à Port-Louis le lendemain matin à 11 h.

www.airmauritius.com

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