30° Degrés Magazine - Ötillö Swimrun

Ötillö Swimrun
se jeter à l’eau

Texte: 30° Degrés Magazine: Laurent Grabet | Photo: Jakob Edholm et Irina Kurmanaeva

À moins de 1000 km du Pôle Nord, la très isolée côte nord de l’archipel norvégien du Spitzberg dresse ses palissades de montagnes inviolées sur fond de fjords et de glaciers colossaux. C’est dans ce cadre aussi grandiose qu’austère qu’a élu domicile un drôle d’animal : le morse. Malgré sa mauvaise réputation, le photographe Franco Banfi est parti à sa rencontre, sur terre comme sous l’eau.

Nous courrons entre les herbes hautes, engoncés dans une combinaison néoprène, un flotteur attaché sur le côté de la cuisse. J’avance sans doute un peu trop vite, ma coéquipière, Helen Webster, pas tout à fait assez. Le « fil d’Ariane » nous reliant par la taille se tend et l’inévitable se produit : la journaliste britannique, envoyée spéciale en Suède du magazine 220 Triathlon, s’écrase de tout son long dans la boue dans un éclat de jurons. Elle me déteste un instant silencieusement avant de se relever. Nous repartons. C’est à une épreuve raccourcie de swimrun, cet étrange biathlon se courant en duo, inventé en Suède en 2003, que nous participons en ce mois de septembre 2016. Au menu : 18 km de parcours, dont 2,5 km de natation. La course mère, la déjà mythique « Ötillö swimrun », propose, elle, de cheminer d’île en île à travers l’archipel de Stockholm en 65 km de trail et 10 km de natation.

2,5 km dans une eau à 13 degrés!
Les séances de nage, encordés dans les eaux à 13° de la Baltique, et les courses dans les magnifiques forêts d’épineux ou sur les rochers glissants s’enchaînent. Malgré le vent et les courants qu’il faut combattre, les méduses qui menacent ici et là, l’engouement grandissant pour le swimrun devient vite une évidence. Les sections de natation, boostées par l’usage de « plaquettes » faisant office de rames (au prix d’un effort physique soutenu), rafraichissent et redynamisent l’organisme. Et les petits coups de mou sont vite comblés par les encouragements des mamies et des gamins jalonnant les rares portions asphaltées du parcours. Plus efficace encore: lorsque la fatigue menace de terrasser, je fais appel aux vieux souvenirs. « Cette vieille bique de Madame Devey n’en croirait pas ses yeux ! » – rapport à la prof de sport qui ne ménageait guère ma partenaire dans ses jeunes années. Nous franchissons la ligne en 25e position, 53 longues minutes après les vainqueurs. Qu’importe, nous sommes hilares, totalement « défoncés » aux endorphines. L’objectif est atteint: se faire plaisir et, si possible, échapper à la dernière place… (...)

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